Croix de Ploërmel : Lettre ouverte aux responsables de l’Église

« Anecdotique », voilà comment Mgr Lalanne, évêque de Pontoise, a qualifié l’affaire de la croix de Ploërmel lors de l’émission « sans langue de buis » sur KTO, le vendredi 8 décembre.

De son côté, Mgr Centène, évêque de Vannes, a déclaré sans nuance que les symboles Chrétiens auraient été récupérés par les identitaires pour mener une croisade plus au moins politique.

Ces appréciations de responsables d’Eglise suscitent en moi beaucoup d’incompréhensions. Aussi, je tiens à exprimer ma vision des choses selon le principe du Général Pierre De Villiers : la loyauté consiste à dire la vérité.

  1. La décision du Conseil d’Etat me semble très grave et l’énorme mobilisation populaire qui s’en est suivie sur les réseaux sociaux est le signe manifeste d’un désaccord profond entre cette institution et les citoyens attachés à leur patrimoine religieux et à leur culture.
  2. Cette décision est dangereuse car sans précédent et fera jurisprudence : elle permettra à des associations politiques de multiplier les affaires en s’attaquant aux croix et au patrimoine religieux récents. Déjà, Pierrick Le Guennec, militant responsable de la procédure contre la croix de Ploërmel, a déjà annoncé son intention de continuer sa chasse aux croix et au patrimoine religieux récent sur l’espace public. (Sans parler des vieux calvaires, nous savons tous qu’il existe un patrimoine récent antérieur à 1905 dans l’espace public, synonyme d’une vie religieuse populaire très active et aussi trace d’une histoire souvent douloureuse.)
  3. Face à cela, j’ai estimé qu’il était de mon devoir de « résister » et en l’absence d’autres initiatives, j’ai initié le collectif #TouchePasMaCroix qui a tenté un rassemblement populaire, unitaire et transpartisan pour affirmer notre attachement au maintien de la croix à Ploërmel. Il s’agissait donc d’une initiative citoyenne ouverte à tous et en aucun cas, ni d’une récupération politique ni religieuse. Je ne suis pas un identitaire ; il est déjà évident que je ne suis pas un Français de souche comme on dit. Mais je suis convaincu qu’aujourd’hui des forces idéologiques, culturelles, financières, économiques et politiques sont à l’oeuvre pour détruire notre beau pays La France. Comme je l’ai déclaré en conclusion de mon discours le dimanche 26 novembre à Ploërmel : si on veut détruire un pays, si on veut détruire un peuple, pas besoin de guerre, il suffit de détruire la culture, il suffit de déraciner un peuple.
  4. Il me semble donc que les évêques, en minimisant ou en faisant passer l’affaire de Ploermel pour un cas particulier ne perçoivent pas (ne veulent pas percevoir?) la gravité de cette décision avec toutes ses conséquences ; bien qu’il soit  évident que nous ne demandions pas le soutien de l’Église dans notre bataille et malgré les multiples défis qu’ils ont à relever, je pense que nous devrions pouvoir compter sur leur bienveillance . La Croix est un signe d’unité ( Mgr Centène) ,alors, ne jetons pas un regard soupçonneux sur les uns et les autres mais faisons en sorte que les gens de bonne volonté et de tous horizons trouvent ensemble les moyens de combattre fermement mais paisiblement ceux qui ,par toutes sortes de moyens, contribuent à faire disparaître nos racines chrétiennes.

J’en profite pour renouveler ma position vis-à-vis de la décision de Patrick Le Diffon, maire de Ploërmel qui consiste à déplacer le monument dans une parcelle privée. À mon humble avis, déplacer la croix, c’est déplacer le problème ! Cela ne le résout pas. Je crois que chacun, responsable politique, religieux ou simple citoyen, doit prendre ses responsabilités et tout faire pour que cette croix reste à sa place afin d’éviter un dangereux précédent.

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